
Que de commentaires élogieux toute cette journée !!
Entré à l’Académie française en 1973, il en était le benjamin.
Amoureux de la culture et de la langue française, écrivain, romancier, journaliste, il nous laisse de merveilleux livres.

Aristocrate, il avait un incroyable charme, un regard bleu et malicieux extraordinaire qui séduisait, une grande élégance de style, quelque chose de mondain; très intelligent et doué de vivacité intellectuelle, il avait le don de la répartie; brillant dans les conversations, il mélangeait souvent rouerie et habileté; peut-être se mettait-il en scène quelquefois.
C’était , en outre, un amoureux de la vie, ayant le goût du bonheur, gourmand de l’existence et des mots; il était curieux de tout et il avait une telle fraîcheur qu’il semblait rajeunir en vieillissant.
Il traitait avec gaité les choses sérieuses; en le citant: » Il ne faut pas se prendre au sérieux, mais être sérieux dans ce que l’on entreprend » Une certaine légèreté le caractérisait aussi.
Il lisait Homère, relisant régulièrement l’Odyssée et il aimait la Méditerranée, la Corse à la « beauté extraordinaire » où il avait une maison, se levant tôt pour écrire.
Or, c’était en même temps quelqu’un d’une très grande gravité; il était lucide sur le monde, sans être pessimiste; son ouverture d’esprit était exceptionnelle.
Véritable aristocrate, il avait la classe, toujours l’élégance et savait porter intérêt à la personne qui lui faisait face; après une conversation avec lui, on avait le sourire.
Il était de droite, c’est connu, mais pas réactionnaire; il tenait compte de la diversité des opinions et, libéral conservateur, engagé, il était respectueux de l’adversaire. Il pensait indispensable le maintien d’un lien entre le passé et le futur, l’avenir ne pouvant se construire que sur les acquis du passé.
Il fut le dernier invité de Mitterand qui quittait le pouvoir en1995, et , bien qu’opposés en politique, ils étaient fascinés l’un par l’autre, mués par une admiration réciproque. De même, écrivain de droite, il était amoureux d’Aragon.
On l’appelait Jean d’O.
Il était le plus jeune immortel.
Il était entré dans la Pléiade de son vivant: exceptionnel !
Raffinement, élégance, joie, talent…
Charmant, charmeur, irremplaçable…
Il gardait cette gaité…
Sa voix reconnaissable…
Tout le monde l’aimait, l’admirait…quoiqu’il ait dit: »C’est très mauvais signe, il faut avoir des ennemis ».
Lors de sa dernière interview: »Je ne voudrais pas recommencer cette vie, sinon je referai les mêmes erreurs, les mêmes folies.. », espiègle jusqu’au bout,et souriant !
Il a dit aussi: » Un jour, je m’en irai sans avoir tout dit » et « Merci, que cette vie fut belle ! pourtant je sais que la vie est cruelle »
Jean d’O va nous manquer; la France porte le deuil de sa mort.
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